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Appel · samedi 31 octobre 2026 · Acte III

Acte III : pour nos libertés !

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Appel des gilets jaunes, samedi 31 octobre, acte III : pour nos libertés. Rassemblements et sit-in devant l'Assemblée nationale et toutes les mairies de France.

Une colère que le pouvoir refuse d'entendre

Il y a une colère dans ce pays. Elle monte dans les lycées et dans les facs, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Et cette colère n'est pas entendue.

À la jeunesse, aux gilets jaunes, au mouvement climat, aux quartiers populaires, aux travailleuses et aux travailleurs, aux paysannes et aux paysans, aux retraitées et aux retraités, aux précaires, aux privés d'emploi, aux allocataires du RSA, aux personnes sans abri, aux malades que le budget de la Sécurité sociale veut faire payer davantage, aux pompiers qui manquent de moyens après un été d'incendies, le pouvoir répond par le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression.

L'heure est grave.

Nos libertés attaquées

Le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont décidé de franchir une étape de plus dans la dérive autoritaire. Ils interdisent nos manifestations. Pour Emmanuel Macron, seules les organisations syndicales seraient légitimes pour revendiquer. Cette décision est prise en dehors de tout droit. Elle va contre notre Constitution, qui garantit la liberté d'expression et la liberté de manifester.

L'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui fait partie de notre Constitution, le proclame : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. »

Ces interdictions touchent tout le pays. Dans les Bouches-du-Rhône, toutes les manifestations sont interdites. À Lyon, toute manifestation est interdite dans la ville. À Lille, à Nice, à Rouen, au Havre et à Toulon, les centres-villes sont fermés aux manifestants. À Paris, notre parcours de la Bastille à l'Opéra est interdit. Des couvre-feux sont imposés à Marseille, à Lyon, à Paris et à Perpignan.

Mais l'État, c'est nous, les citoyennes et les citoyens. Ce sont nos impôts qui remplissent les caisses. À nous de choisir où l'argent public doit être dépensé.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, va plus loin encore. Il demande aux procureurs de requérir contre des manifestants poursuivis la privation du droit de vote et le bannissement des réseaux sociaux. Priver des citoyennes et des citoyens de leur vote et de leur parole, voilà où mène la dérive autoritaire.

Stop à la répression

La répression mutile. Le 17 octobre, à Saint-Étienne, un adolescent de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade des forces de l'ordre. À Mulhouse, une jeune fille de 17 ans a perdu l'usage d'un œil. À Strasbourg, à Clermont-Ferrand, à Bordeaux, à Montpellier, des manifestants ont été gravement blessés au visage et aux yeux par des tirs de LBD et des éclats de grenade. Deux personnes sont mortes à Paris en marge des manifestations : nous exigeons toute la vérité sur ces décès. Près de 2 700 personnes ont été placées en garde à vue depuis le 17 octobre.

Nous exigeons la levée immédiate de tous les couvre-feux, et l'amnistie des manifestantes et des manifestants arrêtés lors des mobilisations.

Nous exigeons des enquêtes sur l'intégralité des violences commises par les forces dites de l'ordre. Ces enquêtes doivent remonter toute la chaîne de commandement, jusqu'au plus haut niveau.

Nous nous associons aux actions en justice engagées par la Ligue des droits de l'Homme, par le Syndicat des avocats de France, et par le Syndicat de la magistrature, qui a saisi le Conseil d'État avec l'association Adelico contre les annonces du président. Défendre le droit et les libertés publiques, c'est indispensable pour sortir de l'escalade autoritaire.

Le 31 octobre, pour nos libertés

En prélude, dès le vendredi 30 octobre, nous appelons à un rassemblement casserolade devant l'Assemblée nationale, de 18 h à 21 h, et à une casserolade à 19 h partout en France : devant les mairies, aux fenêtres, dans la rue, partout.

Pour l'acte III, le samedi 31 octobre, nous appelons à des rassemblements et à des sit-in devant l'Assemblée nationale et devant toutes les mairies de France, pour la défense des libertés publiques. Ce jour-là, nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés.

À la division, nous répondons par l'union

Le gouvernement tente de nous diviser. Nous ne nous y trompons pas. En criminalisant notre mouvement, en dressant les uns contre les autres, il veut empêcher le front uni qui est en train de naître.

Notre réponse, c'est l'union. Nous appelons à des assemblées de convergence partout en France. Elles réuniront lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, gilets jaunes, travailleuses et travailleurs, paysannes et paysans, retraitées et retraités, précaires, pompiers, infirmières et infirmiers, habitantes et habitants des quartiers populaires, défenseuses et défenseurs du climat, du vivant, de la paix et de la justice sociale.

Ces assemblées de convergence se retrouveront dès que possible en une rencontre nationale. Ensemble, nous y bâtirons un pouvoir populaire uni, capable de confédérer tous les secteurs, toutes les causes et toutes les populations en lutte.

Des états généraux, ou le départ

Le président de la République et son gouvernement doivent recevoir, en états généraux, l'ensemble des secteurs mobilisés et leurs délégations, pour répondre à la totalité de leurs revendications.

S'ils ne le font pas, alors nous le disons haut et fort : Emmanuel Macron et son gouvernement devront partir.

Nous voulons une constituante

Au-delà de ces mesures immédiates, nous voulons aller beaucoup plus loin, et construire une société qui permette à toutes et à tous une vie digne et heureuse, dans un monde vivable.

C'est pourquoi nous affirmons avec force la nécessité d'un processus constituant, pour qu'il y ait enfin dans ce pays un pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Appel de la Coordination des Gilets Jaunes, lu le samedi 24 octobre 2026 sur les marches de l'Opéra Bastille.

Le 31 octobre, toutes et tous pour nos libertés !

Le peuple uni ne sera jamais vaincu !

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